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 Nneka Enfant, elle chantait dans la chorale de l'église paroissiale. Il lui en est resté une sincère ferveur, animée en contrepoint par une colère bouillonnante. Courageuse, Nneka (« Mère suprême » en langue Ibo) impressionne par son insoumission, sa pugnacité, et n'hésite pas à s'en prendre dans ses chansons à ceux qui pillent l'Afrique, aux puissants qu'effrayera toujours le désir de liberté des peuples. Sa musique, comme sa personnalité d'écorchée vive, est semblable aux tourmentes qu'elle évoque : un flow hip-hop heurté, modulé par une soul suave mêlée d’afrobeat. Comme si sa double nationalité allemande et nigérienne la condamnait à un perpétuel équilibre instable. On a voulu voir en elle la nouvelle Lauryn Hill et, en 2009, elle faisait partie des « 50 artistes de la relève » sélectionnés par la très renseignée revue Beyond Race Magazine. Surtout, Nneka séduit parce qu'elle ne cherche pas à séduire ; elle est déjà loin quand on la croit quelque part, toujours inquiète, toujours en quête. |
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